Culture et entretient du figuier

PLANTATION
Argilo-calcaire, limoneux, acide tous les types de terres peuvent convenir au figuier quoiqu’il apprécie le calcaire (source de calcium et magnésium). Dans les climats non méditerranéen, la situation idéale est d’être planté protégé des vents du nord : contre un mur au sud (Les racines n’abîment pas les murs) ou protégé par une haie dense ou par le relief du terrain et de préférence plein sud. Dans ces conditions, il peut résister entre -15 ° à -20° (sans le vent du nord, les racines au sec et avec du paillage).

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Un figuier contre un mur au Sud en compagnie d’un grenadier

Contrairement à d’autres arbres fruitiers comme les pommiers, poiriers et pruniers qui peuvent se planter à l’automne avec avantage car leurs racines commencent à se développer dés janvier (en jours longs), le figuier lui attend que la terre se réchauffe pour démarrer ses nouvelles racines. Planter les jeunes sujets au printemps ( après les dernières fortes gelées fin février, début mars) en les arrosant toutes les semaines (2 arrosoirs) tant qu’il ne pleut pas : le figuier aime l’eau (mais pas stagnante). Mettre la motte à tremper 1 heure dans un seau, creuser un trou d’autant plus gros que la terre est tassé : les racines du figuier pourront plus facilement explorer le sol et s’installer. Planter entre 5 et 10 cm plus profond que le niveau de la terre du pot. Si la terre est très argileuse et n’est pas assez drainante (eau stagnante en hiver), rajouter des cailloux, du sable (la valeur de 10 seaux) ou planter sur une butte ou les deux à la fois. Une plantation juste avant l’hiver est possible en protégeant la partie aérienne de l’arbre avec de la paille, du voile d’hivernage, de la toile de lin ou chanvre ou les deux à la fois.

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Le climat des villes est particulièrement adapté aux figuiers qui y trouvent un écrin qui les protégent des vents froids, ils y fructifient plus rapidement et cette précocité n’est pas freiné par une situation quelque fois mi-ombre, la chaleur ét ant le plus important et, la température de la nuit en particulier. Les figuiers aiment s’adosser aux murs, ils y trouvent une certaine humidité en profondeur, proche des fondations. Dans la nature, il n’est pas rare d’en trouver sur les rochers ou falaises exposés au sud mais quelques fois aussi au Nord sur certaines îles de Bretagne (Houat). Il s’agit alors de figuiers stériles et quelquefois de caprifiguiers, plus rarement de nouvelles variétés. On en trouve couramment sur les falaises exposés au sud près des riviéres du sud-ouest, la Garonne et tous ses affluents : Dordogne, Lot, Aveyron, Tarn et de même sur toutes les petites riviéres. Les ruines aussi sont appréciés des figuiers pour l’humidité qu’ils trouvent sous les pierres et la chaleur que leur procure les murs. Certains vivent fichés dans les murs qu’ils soit de calcaire, de pisé ou de brique. Ces arbres, nés de graines se sont parfois fait très petit quasi bonzai naturel mais parfois se développent normalement.

IMG_2338Semis de figuier dans un moulin en ruine dans le Gers.
PAILLAGE
Pour isoler du gel les racines qui sont en surface, pour isoler la terre du soleil d’été et pour réactiver la vie organique du sol (vers de terre, micro-organismes, etc.) et pour éviter la concurrence des herbes, le paillage est très efficace. Bien désherber autour de l’arbre avant de pailler ou poser de grands cartons sur le sol avant le paillage. On ne paille jamais assez : pour un paillage vraiment isolant, mettre une épaisseur de paille de 50 cm (jusqu’au genoux) sur 1,50 m de rayon autour de l’arbre (deux à trois petites bottes de paille). Renouveler tous les ans. Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) sur une épaisseur de 5 à 10 cm est aussi très isolant et enrichissant pour la vie organique mais surtout pour les mycéliums.

Un paillage très épais peut permettre de faire son compost directement aux pieds des arbres fruitiers : en écartant le paillage, on peut y déposer ses déchets de cuisine et de végétaux puis de recouvrir avec son paillage. Ainsi, le compost se fait sur place n’occasionnant aucune pollution ponctuelle et aucune perte minéral.

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TAILLE
Le port naturel du figuier est en touffe et il n’est pas utile de le tailler mais on peut le faire si des branches gênent ou pour laisser rentrer un peu de lumière en son centre. Contre un mur, on peut le conduire en espalier.
Vouloir faire ressembler le figuier à un pommier sur une tige unique est vain : en cas de très forte gelé (1956, 1985, 2012) il repartira du pied en cépée. On ne peut le faire efficacement que sur les bords de mer ou en situation particulièrement protégé.

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Comme pour les autres arbres fruitiers c’est en monté de sève à partir du printemps qu’il faut le tailler pour ne pas abîmer son bois. Couper juste au dessus d’un oeil (3 mm), en biseau, comme pour un rosier (au dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur de l’arbre). En revanche il ne faut pas laisser du bois mort encore accroché sur l’arbre. Si un chancre (champignon) se développe, l’écorce s’écarte comme des lèvres et laisse entrevoir le bois à nu, il faut alors éliminer toute la branche en coupant en dessous de la plaie. La chair du bois doit être blanche, si il reste une partie marron (le chancre) recouper plus bas, toujours au dessus d’un bourgeon.

Certaines variétés gagnent à être taillés à 3 yeux : chaque œil dormant peut se réveiller en faisant trois branches au lieu d’une et augmentant ainsi la production comme sur La Violette de Solliès, la Madeleine, Panachée ou Gayet. D’autres variétés ne redémarent que sur un seul œil comme sur la Pastillière, la taille n’interviendra alors que pour en limiter la vigeur.

On peut tailler les variétés bifère mais seulement une branche sur deux si l’on veut garder une production de figues fleurs. Pour motiver l’émission de figues fleurs, il peut être intéressant de pincer le nouveaux bourgeon terminal. Certaines variétés bifère ne font qu’une ou deux figues fleurs par branches et d’autres peuvent en faire régulièrement entre 4 et 6 mais si la branche de l’année précedente c’est beaucoup développé, il peut y en avoir jusqu’une douzaine.

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FERTILISATION, CUEILLETTE, TRAITEMENTS
Mélanger à la terre végétale du fumier ou du compost bien décomposé ou du lombricompost. En rajouter chaque année, au printemps uniquement (ne pas fertiliser après juin), en surface pour éviter les manques de potassium (pour la fructification).

Cueillir les figues nécessite de connaître un peu sa variété mais en règle générale il faut attendre que la figue se déshydrate légèrement en devenant un peu molle, voire juste avant de tomber.

Le figuier n’a besoin d’aucun traitement. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut y avoir aucun problème mais plutôt qu’il peut toujours s’en sortir (avec un arrosage régulier et une fertilisation raisonnable chaque année).      

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GARDER UN FIGUIER EN POT
Toutes les variétés peuvent être cultivés en pot mais certaines ont un développement plus facile à contenir et certaines variétés fructifient mal en pot, en général, les variétés à grand developpement.
Un pot de 40 cm peut convenir (35 Litres), il sera ainsi plus facile de le remiser avant l’hiver (dès qu’il aura perdu ces feuilles) dans une cave ou un garage hors gel et sans lumière ni chauffage. Au mois de Mars, on peut le ressortir mais avant, le réhydrater en le plongeant dans l’eau pendant au moins une journée, puis trancher les contours de la motte sur 2 ou 3 cm  et remplacer cette terre par un mélange d’1 tiers de terre de jardin ou terreau de qualité, 1 tiers de sable et 1 tiers de compost bien décomposé (ou lombricompost). On peut rajouter aussi un peu de calcaire en poudre.

SÈCHAGE
Certaines variétés sont plus adaptés que d’autres au séchage commme celles qui sont moins juteuses ou plus petites, néanmoins ont peut sécher les grosses coupés en deux. Dans les régions non Méditéranéenes les récoltes sont trop tardives pour envisager un séchage au soleil, la seule alternative reste le déshydrateur. Si vous pouvez en trouver un en inox cela éviteras les transferts liés aux matières plastiques.

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Le sèchage en tranches fines est aussi très goûteux.

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La variété « Campanière » avant et après sèchage.

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La variété « Reculver »

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La variété « Cul Noir »

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